Le 18 septembre 2025, des centaines de milliers de personnes ont envahi les rues de France pour dire non à l’austérité. Cortèges massifs à Paris comme en province, transports perturbés, affrontements avec les forces de l’ordre : la journée a marqué un tournant dans la contestation sociale. Retour sur les faits, les chiffres et les suites possibles.

Manifestants à Paris : 55 000 (autorités) · Total France : >500 000 · Interpellations : 309 · Budget visé : 43,8 milliards d’économies

Aperçu rapide

1Faits confirmés
  • Grève interprofessionnelle le 18/09/2025 (Sortir à Paris)
  • Manifestation Paris : Bastille → Nation après 14h (La Croix)
  • 55 000 manifestant·es à Paris à 18h, 451 789 hors Paris (La Croix)
  • 309 interpellations, 134 gardes à vue (La Croix)
2Ce qui reste incertain
  • Chiffre CGT de plus d’un million de manifestant·es (source syndicale, non vérifié par les autorités)
  • Nombre exact de grévistes par secteur (RATP, SNCF, éducation)
  • Répercussions financières pour les employeurs
3Signal chronologique
  • 3 septembre : appel intersyndical
  • 18 septembre : journée nationale
  • Préavis FO du 1er septembre au 30 novembre 2025
4Et après
  • Nouvelle mobilisation possible d’ici fin septembre
  • PNF attendu sur enquê­tes incidents
  • Débat budgétaire à l’Assemblée nationale

Le tableau ci-dessous compile les données officielles et syndicales relatives à la mobilisation du 18 septembre 2025, avec les sources de chaque information.

Donnée Valeur Source
Date 18 septembre 2025 Sortir à Paris
Type Grève interprofessionnelle Intersyndicale
Manifestants Paris (18h) 55 000 Ministère de l’Intérieur
Manifestants France (18h) >500 000 Ministère de l’Intérieur
Interpellations 309 Ministère de l’Intérieur
Budget 2026 43,8 milliards d’économies Sortir à Paris
SNCF syndicats appelants 70% des voix Sortir à Paris
RATP syndicats appelants 90% des voix Sortir à Paris
RER A pointe 3 trains sur 4 Groupe RATP

Pourquoi y a-t-il une grève le 18 septembre 2025 ?

L’appel à la mobilisation du 18 septembre 2025 répond à un ras-le-bol syndical face au projet de budget 2026 du gouvernement de François Bayrou. Ce plan prévoit 43,8 milliards d’économies, jugées « brutales » par les organisations syndicales. L’intersyndicale (UNSA, CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, Solidaires, FSU) réclame une autre répartition des richesse et refuse ce qu’elle appelle « l’austérité ».

Revendications principales

  • Arrêt des coupes budgétaires dans les services publics
  • Augmentation des salaires etindexation sur l’inflation
  • Protection du droit du travail et des acquis sociaux
  • Refus de la précarisation des agent·es publics

Philippe Tabarot, ministre des Transports, a lui-même anticipé une « journée noire » pour le 18 septembre, plus forte que la mobilisation du 10 septembre où seuls 5 % des agents RATP et moins de 15 % des cheminots avaient cessé le travail (Sortir à Paris).

Contexte intersyndical

Pour la première fois depuis longtemps, la CGT comme FO, la CFDT et l’UNSA ont uni leurs voix dans un appel commun. La CGT a revendiqué « plus d’un million de manifestant·es » sur l’ensemble du territoire, un chiffre que les autorités n’ont pas confirmé (La Croix). Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a commenté : « La mobilisation est d’ores et déjà un succès. »

Ce que cela signifie

L’unanimité syndicale rare entre la CGT et la CFDT — habituées à s’opposer — montre l’ampleur du consensus contre le projet de budget. Pour les employeur·es du secteur public, la question est désormais de savoir combien de jours de mobilisation seront nécessaires pour peser sur le débat budgétaire.

Quel est le parcours de la manifestation à Paris ?

Le cortège parisien, parti de la place de la Bastille après 14 heures, a traversé la capitale en direction de la place de la Nation. La banderole de tête affichait « stop à l’austérité », revendication centrale de la journée (La Croix). Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues, créant un cortège dense et coloré entre les deux arrondissements.

Horaire et carte

  • Départ : place de la Bastille (11e arrondissement)
  • Arrivée : place de la Nation (12e arrondissement)
  • Heure de départ : après 14 heures
  • Longueur estimée du cortège : plusieurs kilomètres

Points de départ et arrivée

Le choix de l’itinéraire Bastille-Nation n’est pas anodin : il traverse des quartiers populaires de l’est parisien et passent devant plusieurs établissements publics. Des stations de métro étaient fermées toute la journée : Bastille, Concorde, Arts et Métiers, Villiers, Opéra, République, Trocadéro, Sèvres-Babylone, Invalides et Place de Clichy (Groupe RATP). Cette fermeture a compliqué l’accès au cortège pour de nombreux·euses manifestant·es.

Note de la rédaction

Le retour vers Bastille après la manifestation a également été perturbé, les forces de l’ordre ayant limité l’accès à certaines stations du nord de la ligne 1 et de la ligne 9.

Quel est le bilan des manifestations du 18 septembre 2025 ?

Les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur font état de 55 000 manifestant·es dans la capitale et de plus de 500 000 sur l’ensemble du territoire à 18 heures. Un chiffre que la CGT conteste, parlant de plus d’un million de participant·es en France (La Croix).

Chiffres de participation

  • 12h57 : 76 500 manifestant·es sur 253 rassemblements, 84 interpellations
  • 13h39 : CGT : 400 000 manifestant·es, autorités : 200 000
  • 15h : 264 000 en zone police, 11 000 en gendarmerie (dépassant les 200 000 du 10 septembre)
  • 18h : 55 000 à Paris, 451 789 hors Paris, total >500 000

Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, a déclaré : « Nos premiers chiffres en province ce matin, c’est 350 000 manifestant·es » (La Croix). Une estimation en dessous du chiffre final communiqué par le ministère.

Incidents rapportés

Le bilan sécuritaire s’est alourdi en soirée. Le ministère a annoncé 309 interpellations et 134 gardes à vue après 20 heures (La Croix). À 18h21, on comptait déjà 181 interpellations (dont 31 à Paris), 11 forces de l’ordre blessées légèrement, 10 manifestant·es et 1 journaliste blessé·es. Les autorités ont également fait état de la présence de 7 300 individus radicalisés ou black blocs dans les cortèges.

Des incidents ont éclaté à Rennes, où les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes et fermé la gare. À Paris, le quartier de la République a été le théâtre d’affrontements entre manifestant·es et police.

Ce qu’il faut surveiller

Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes pour violences sur forces de l’ordre et dégradations. Le nombre de gardes à vue (134) suggère des procédures judiciaires qui s’étaleront dans les prochaines semaines.

À quelle heure commence la grève du 18 septembre ?

La grève a commencé dès le début de service pour les agentes et agents des secteurs mobilisés. À la RATP comme à la SNCF, les preavis syndicaux ont paralysé une partie significative du trafic dès l’aube. Quatre syndicats majoritaires à la RATP (CGT, FO, Unsa Mobilité, CFE-CGC) représentant 90 % des agent·es avaient déposé un préavis (Sortir à Paris).

Secteurs impactés

La mobilisation a touché l’ensemble des secteurs publics et privés : transports, éducation, santé, énergie. L’intersyndicale avait appelé à une « journée morte » dans tous les métiers, avec des défilés unitaires entre villes et quartiers. FO avait déposé un préavis du 1er septembre au 30 novembre 2025, laissant la porte ouverte à une prolongation du mouvement.

Transports et éducation

  • SNCF : perturbations sur grandes lignes, Transilien et RER. Trois syndicats (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, CFDT-Cheminots) représentant 70 % des voix aux élections professionnelles avaient appelé à la grève (Sortir à Paris)
  • RATP : trafic normal sur métro L1, L4, L14 ; 1 train sur 3 sur L7 et L9 ; 1 train sur 4 sur L10 et L13 aux heures de pointe (Groupe RATP)
  • RER A : 3 trains sur 4 en pointe, 2 sur 3 en creuse (Groupe RATP)
  • RER B : 1 train sur 2 toute la journée, interconnexion maintenue à Gare du Nord (Groupe RATP)
  • Bus : 70 % des lignes circulent normalement ou quasi normalement (Groupe RATP)
  • Éducation : perturbations dans les écoles, collèges et lycées ; certains établissements fermés ou avec un service minimum
L’enjeu

Pour les usager·ères des transports franciliens, le 18 septembre a été l’une des journées les plus perturbées de l’année 2025. Les familles qui comptent sur la RATP pour les trajets domicile-école ont dû s’organiser en urgence, un coût invisible de ces grèves.

Combien de personnes ont manifesté le 18 septembre 2025 ?

La question des chiffres reste le point de friction habituel entre syndicats et pouvoirs publics. Pour le 18 septembre 2025, le fossé entre les deux comptages est particulièrement visible : la CGT a avancé le chiffre de plus d’un million de manifestant·es, quand le ministère de l’Intérieur a comptabilisé un peu plus de 500 000 participant·es à l’échelle nationale.

Estimations par ville

  • Paris : 55 000 (autorités) — plus d’un million revendiqué (CGT)
  • Lyon : plusieurs dizaines de milliers
  • Marseille : several tens of thousands
  • Autres villes : cortèges importants à Lille, Toulouse, Nantes, Rennes, Strasbourg

Comparaison nationale

Avec plus de 500 000 manifestant·es comptabilisé·es par le ministère de l’Intérieur, la journée du 18 septembre dépasse largement la mobilisation du 10 septembre (environ 200 000 selon les mêmes sources). Frédéric Souillot (FO) confirmait dès le matin : « Nos premiers chiffres en province ce matin, c’est 350 000 manifestant·es. »

La mobilisation provinciale a été particulièrement soutenue, avec 451 789 manifestant·es hors Paris sur les 500 000+ dénombré·es nationalement (La Croix). Un signal fort de la diffusion de la contestation au-delà de la capitale.

En résumé : La CGT et les autorités utilisent des méthodologies différentes pour compter les manifestant·es. Pour les médias et le grand public, le chiffre du ministère de l’Intérieur reste la référence officielle, mais le consensus syndical autour de « plus d’un million » montre que le mouvement a marqué les esprits au-delà des seules données chiffrées.

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Sources supplémentaires

la-croix.com, dailymotion.com

Cette mobilisation du 18 septembre s’inscrit dans une série d’actions intersyndicales, comme la grève du 2 octobre 2025 qui a fortement perturbé les transports.

Questions fréquentes

Quels sont les jours de grève prévus en septembre 2025 ?

FO a déposé un préavis du 1er septembre au 30 novembre 2025, couvrant l’ensemble de la période. D’autres jours de mobilisation intersyndicale pourraient être appelés dans les prochaines semaines.

Y a-t-il grève SNCF le 18 septembre 2025 ?

Oui, trois syndicats représentant 70 % des voix aux élections professionnelles (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, CFDT-Cheminots) ont appelé à la grève, causant des perturbations sur les grandes lignes, Transilien et RER.

Quelle est l’impact sur les vols d’avion ?

Le mouvement social a également impacted les contrôleurs aériens et les personnels au sol. Des annulations et retards étaient attendus, notamment sur les vols intérieurs et les liaisons européennes au départ des aéroports français.

La grève touche-t-elle l’Éducation nationale ?

Oui, plusieurs écoles, collèges et lycées ont été affectés. Certains établissements ont fermé leurs portes, d’autres ont mis en place un service minimum d’accueil pour les enfants dont les parents n’avaient pas d’autre solution.

Quelles manifestations à Lyon le 18 septembre ?

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à Lyon, dans un cortège parti de la place Bellecour et traversant le centre-ville. La mobilisation lyonnaise a été l’une des plus importantes de province.

Quelles conséquences pour les employeurs ?

Les employeurs du secteur public et parapublic subissent les conséquences de l’absence de leurs salarié·es grévistes. Dans les transports, les pénalités pour retards ou annulations s’ajoutent au coût direct du salaire non-versé.

Comment participer à la mobilisation ?

Les prochaines dates de manifestation sont généralement annoncées par l’intersyndicale via les réseaux sociaux et les sites officiels des confédérations (CGT, FO, CFDT, UNSA). Les cotisations syndicales ouvrent droit à un crédit d’impôt de 66 %.

Vox populi

La mobilisation est d’ores et déjà un succès.

— Sophie Binet, secretary général CGT (La Croix)

Nos premiers chiffres en province ce matin, c’est 350 000 manifestant·es.

— Frédéric Souillot, secretary général FO (La Croix)

Pour le gouvernement Bayrou, le message des rues est clair : le projet de budget 2026 ne passera pas sans contestation. Avec plus de 500 000 manifestant·es et des cortèges encore fournis malgré les incidents, la pression monte à quelques semaines des débats décisifs à l’Assemblée nationale. Les employeur·es du secteur public, eux, doivent déjà calculer le coût de ces journées de paralysie — un prix que la rue leur rappelle à chaque cortège.